Texte B8

vendredi 2 mars 2012
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Éditorial (extrait)

Nouvelles Questions Féministes, n°1, mars 1981

(…) Nous devons à nos lectrices, et plus largement au mouvement en général, une explication sur les causes de la division du collectif de rédaction. Il est honnête de dire que nous n’avons pas compris nous-mêmes – et cela n’a pas été le moins douloureux – ce qui s’est passé, au niveau personnel : pourquoi telle personne a pris telle position. En revanche, nous savons très bien sur quels points la discussion a achoppé, ou plutôt échoué au point qu’elle n’a pas eu lieu. On pourrait penser que l’analyse des points de divergence est, maintenant que le collectif est dissous, une question rhétorique. Mais si nous avons tenu à y procéder, c’est qu’elle nous a permis de clarifier des questions qui n’avaient pas été abordées dans l’éditorial du numéro 1 de Questions Féministes, et donc de préciser les options fondamentales de la revue.

Le collectif de Questions Féministes s’est divisé en deux en juin 1980 sur la question de la position dite "lesbienne radicale" exprimée par un groupe nommé alors "les lesbiennes de Jussieu". Partant de la critique de l’hétérosexualité comme lieu et moyen principal de l’oppression des femmes, cette position a abouti, de fait, à traiter les femmes hétérosexuelles de "collabos", formule qui a déclenché de violentes discussions au sein du mouvement. Selon cette position, si les femmes et les hommes constituent deux classes antagonistes, il "s’ensuit" que tout contact entre ces deux classes est une "collaboration de classe" et de la part des membres de la classe opprimée une trahison vis à vis de celle-ci.

Une partie de l’ex-collectif s’est déclarée solidaire de cette position dans son ensemble ; l’autre partie du collectif –nous– a réagi violemment contre cette position, ou plus exactement contre la "conclusion", qu’elle estime incompatible avec les principes du féminisme, avec l’orientation théorique et politique de la revue, et contradictoire avec ses prémisses tirées du féminisme radical : c’est à dire la reconnaissance que les femmes, toutes les femmes, constituent une classe opprimée par la classe des hommes, et que le féminisme est la lutte contre une oppression commune à toutes les femmes. Or le terme "collabo" désigne des ennemis politiques, non des semblables dans l’oppression, ni des alliés. Et les "collabos", par définition, ne peuvent être en même temps des résistantes, c’est-à-dire des féministes. Dire que les hétérosexuelles sont des collabos, ou ne pas s’opposer à ce qu’on le dise, c’est les exclure du féminisme.

D’un côté et de l’autre, on évalue très différemment le rôle et l’importance de cette conclusion. Les membres de l’ex-collectif qui défendent la position "lesbienne radicale" déclarent dans le même temps et "contester la pratique d’injures" et se solidariser avec celles qui ont répandu le slogan "hétéro-collabo". En ce qui nous concerne, nous ne parvenons pas à saisir la différence entre dire quelque chose soi-même et se solidariser avec celle qui le dit. Elles opèrent de surcroît des distinctions arbitraires entre différentes parties de la position "lesbienne radicale" : elles en départagent et hiérarchisent les diverses propositions, appelant certaines "le fond" et d’autres "la forme". Ainsi, selon elles, la critique de l’hétérosexualité serait le fond, tandis que la condamnation des femmes hétérosexuelles serait une "forme" avec laquelle elles disent n’être pas d’accord, mais qu’elles refusent de discuter, précisément parce que pure "forme" : contenu sans contenu, sens dénué de sens politique.

Ainsi on doit, selon elles, discuter exclusivement de ce qu’elles ont décrété "le fond", et ne juger la position "lesbienne radicale" que sur ce "fond". Dans leur logique, vouloir discuter également de la condamnation des femmes hétérosexuelles revient à "faire des critiques formelles pour éviter la discussion de fond".

Cette manière d’envisager les choses, de défendre la position "lesbienne radicale" en refusant que son ensemble soit pris en considération n’est pas particulière aux membres de l’ex-collectif, mais à tout le groupe dit "de Jussieu".

Nous estimons ce raisonnement de mauvaise foi. Un bon argument ne saurait en faire passer un mauvais. Aussi nécessaire que soit la critique de l’hétérosexualité, aucune nécessité théorique ne peut justifier l’exclusion de quelque femme que ce soit des opprimées, du groupe à défendre, bref de la classe des femmes. Nous refusons la liaison obligatoire entre critique de l’hétérosexualité et condamnation des femmes hétérosexuelles ; d’une part parce que cette conclusion est d’emblée inacceptable ; d’autre part parce que les "lesbiennes radicales" n’y parviennent que par une série de glissements et de sophismes qui impliquent la négation des principes du féminisme radical, entre autres de la centralité du concept d’oppression et de la théorie des classes de sexe, tels que nous les avons exposés dans l’éditorial du numéro 1 de Questions Féministes.

1) Ainsi, déjà dans le mode de discuter, un clivage est apparu qui, pour être sans "fond", n’en est pas moins aussi grave à nos yeux que celui concernant la définition du féminisme. C’est le problème d’un mode de pensée terroriste et finalement totalitaire. En effet les "lesbiennes radicales" présentent leur position "en bloc" : il n’est pas permis de la critiquer. Qui n’est pas totalement avec elles est totalement contre elles. Car si, d’un côté, elles font une distinction spécieuse entre "le fond" et "la forme", par ailleurs, et contradictoirement, elles refusent de les dissocier : si l’on critique la condamnation des femmes hétérosexuelles, cela signifie pour elles que l’on refuse toute critique de l’hétérosexualité, et même que l’on "défend l’hétérosexualité", voire que l’on "soutient une ligne hétérosexuelle radicale".

Nous refusons ce raisonnement, non seulement parce qu’il est spécieux, cela va sans dire, mais plus gravement, parce qu’il est terroriste et totalitaire. Ce mode de pensée est bien connu, historiquement ; en général, il justifie une pratique terroriste et s’appuie sur elle ; et ces discours et pratiques servent généralement une politique de terreur. Ce n’est pas hélas un privilège réservé aux groupes dominants ou aux régimes assis. Le P.C., les groupuscules d’extrême gauche utilisent discours circulaire, pensée totalitaire et pratique terroriste… dans la mesure de leurs moyens. Ce n’est pas non plus l’apanage des hommes ; nous avons rencontré, dans ce pays, avec le groupe "Psychanalyse et politique" un système totalitaire dans la féminité. La pratique dans le mouvement du groupe dit "les lesbiennes de Jussieu" est, de même que leur discours, fondée sur le soupçon, l’accusation, voire la diffamation personnelle, le mépris de l’interlocutrice, le refus de la discussion. Cette pratique leur a valu d’être reniées par la plupart des féministes, y compris des féministes lesbiennes, et d’être exclues de la rencontre féministe radicale du Mans.

Discours et pratique de ce type sont au service d’une politique qui a une ambition –qu’elle n’en ait pas les moyens est sans importance– terroriste.

2) En effet, la logique de la position dite "lesbienne radicale" aboutit à éliminer les femmes hétérosexuelles des rangs féministes, et cette logique n’a même pas besoin d’être inférée puisqu’elle est explicitement écrite dans leurs textes.

Nous nous sommes dès le départ, à Questions Féministes, inscrites en faux contre les théories prétendument féministes qui excluaient cependant certaines femmes, par exemple les "bourgeoises", de la population à libérer. Contre cela nous avons affirmé que les femmes constituaient une classe. Or, si l’on admet qu’il existe une communauté de sort fondamentale entre toutes les femmes, le premier objectif de la lutte est la transformation de cette "classe en soi" en "classe pour soi" ; l’acquisition par cette classe objective d’une conscience subjective de classe.

Le corollaire du constat de la communauté de sort est l’affirmation de la nécessité de la solidarité. C’est donc d’une certaine façon a priori que nous dénonçons comme anti-féministe toute analyse qui renie d’une façon quelconque cette solidarité. Nous pouvons dire, avant même tout examen, qu’une analyse qui, partant de prémisses féministes, arrive à des conclusions anti-solidaires, doit être bourrée de sophismes -et de fait, à l’examen, nous les trouvons.

3) L’exclusion pure et simple des hétérosexuelles du mouvement étant évidemment une mission impossible, le fonctionnement dans le réel de leur position revenait à instaurer dans le féminisme une théorie de l’avant-garde, et à s’en faire les membres autodésignés.

Ayant adopté une ligne politique qui ne faisait pas l’unanimité dans la revue, l’autre partie considérait dans un premier temps, avant que nous concluions unanimement à la dissolution du collectif, que nous pouvions travailler côte à côte en exprimant dans la revue nos "divergences". C’était, de notre point de vue, nier la réalité politique du conflit, c’est à dire non seulement invalider nos objections à la "ligne de Jussieu", mais aussi le sens politique de leur position : se solidariser d’un groupe dont l’une des conclusions politiques est "hétéro-collabo" (quand bien même l’ensemble du collectif serait d’accord sur d’autres aspects de ses positions), le soutenir à l’intérieur d’un collectif comprenant des hétérosexuelles, c’était admettre la possibilité dans ce collectif –et plus largement dans le mouvement en général– d’une hiérarchie politique entre féministes, admettre que les unes fassent figure d’exemples à suivre, les autres portant tout le poids de "l’autocritique". Ce principe de fonctionnement, comme la position politique dont il découle, nous a paru inadmissible.

C’eût été un tout autre problème (plus exactement il n’y en aurait pas eu pour nous) s’il s’était agi simplement de poser les distinctions entre l’oppression des lesbiennes et celle des hétérosexuelles, et d’affirmer le droit, comme la nécessité théorique et pratique, de "partir de sa propre oppression". Principe que nous défendons, pour les lesbiennes comme pour les hétérosexuelles, et justement contre la position de l’autre partie, puisqu’elle privilégie un vécu par rapport à un autre. "Partir de notre vécu", "partir de notre oppression", c’est ce qui a été historiquement la base, la condition même, de l’émergence du féminisme. Mais quand on dit que "c’est la collaboration hétérosexuelle qui freine le mouvement" -autrement dit les femmes hétérosexuelles elles-mêmes– (cf. le tract intitulé "Rencontre lesbienne", 21-22 juin 1980, émanant des "lesbiennes de Jussieu"), on dénie la réalité objective de laquelle partent la majorité des femmes ; cela revient à dire que la réalité présente (de l’oppression) est un frein à la libération –ce qu’on avait compris depuis longtemps. Mais outre transformer une tautologie (les hétérosexuelles ont des liens intimes avec le groupe des oppresseurs) en acte d’accusation (donc elles "collaborent"), cela revient à dire (cf. le même tract : "toutes les femmes doivent devenir lesbiennes, c’est à dire solidaires, résistantes, non collaboratrices") qu’il existe une avant-garde, un modèle, un groupe d’opprimées spécifiques qui est le représentant nécessaire et suffisant de l’ensemble des opprimées : théorie "léniniste" contre laquelle les féministes ont lutté en affirmant que les femmes ne pouvaient être représentées dans la lutte sociale que par elles-mêmes ; ce qui implique que, parmi les femmes, aucune ne représente toutes les autres sinon dans ce qu’elle reconnaît de commun à toutes.

Précisons ici que dans les deux camps qui se sont opposés dans notre collectif, certaines ont un "vécu lesbien", d’autres un "vécu hétérosexuel" (dans ce dernier cas le soutien à la ligne "lesbienne radicale" consiste à se reconnaître soi-même comme "collabo"). Il n’y a donc pas eu, en l’occurrence, un clivage entre "les" lesbiennes et "les" hétérosexuelles du collectif, et ce constat a son importance. C’est de toute une approche du féminisme qu’il s’agit.

4) Ces divergences sont, on le voit, importantes et chacune aurait suffi à faire éclater le collectif. De plus, ces trois clivages en ont mis à jour un quatrième qui aide peut-être à comprendre ce qui demeure pour nous un mystère : comment des femmes avec qui nous avons travaillé si longtemps ont pu prendre, sur le terrorisme ("psychologique" ou "intellectuel"), sur le séparatisme lesbien (entendons : d’avec les femmes hétérosexuelles), sur l’avant-gardisme, des positions contraires aux prémisses sur lesquelles nous avions, ensemble, fondé la revue et en rupture totale avec ce qu’elles avaient défendu tout au long de l’existence de Questions Féministes. Ce quatrième clivage éclaire en partie pourquoi nous n’avons pu nous mettre d’accord sur rien, même pas sur l’objet du conflit.

En effet, quelles sont les clefs du clivage à l’intérieur de Questions Féministes ? A notre sens, l’histoire interne de notre groupe, avec ses conflits personnels, ou de rôle, ou de pouvoir (comme dans tout groupe) fournit des pièces au dossier. Or curieusement, l’autre partie nie que de tels facteurs aient pu jouer dans ses prises de position par rapport à nous, qui seraient "purement politiques" (quoique non explicitées).

Cette négation même repose, à notre avis, sur une conception profondément différente de la nôtre des rapports entre le "personnel" et le "politique". Précisément l’histoire interne de notre groupe, à l’occasion de certains incidents "personnels", avait fait surgir cette divergence. Trois d’entre "elles" (sur quatre de l’actuelle "autre partie") défendaient contre les autres (dont "nous") le principe du secret sur la "vie privée" à l’intérieur de groupe. Nous disions qu’il pouvait être extrêmement perturbant, individuellement, et handicapant du point de vue de la prise de conscience et de l’analyse théorique, de discuter de sujets comme l’hétérosexualité et le lesbianisme sans faire référence à son "vécu personnel" (référence sans laquelle le féminisme n’aurait pu trouver sa parole). D’une part le principe de secret des unes agissait comme censure des autres (il est difficile de "se révéler" unilatéralement). D’autre part la méconnaissance de "l’orientation sexuelle" de ses interlocutrices, comme le fait pour les interlocutrices en question de ne jamais la formuler ni la relier à leur discours, de rester dans les généralités abstraites, bloquait les discussions et l’approfondissement de nos positions. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles certaines de l’autre partie se sont affirmées si brusquement "lesbiennes radicales", après leur long silence de principe ; comme si être lesbienne était quelque chose d’indicible en dehors de sa traduction en "choix politique", et que cette affirmation ne pouvait surgir que sous forme d’antagonisme avec les hétérosexuelles définies comme "collabos". C’est sans doute aussi une raison pour laquelle le conflit a été consommé en trois réunions sans la moindre possibilité de communication entre nous.

Le principe "le personnel est politique", qui a été l’une des premières affirmations féministes, n’a pu être formulé que parce que des femmes ont découvert en parlant d’elles (entre femmes), et en parlant de ce qui était jugé "privé" ou "intime", que précisément ce n’était pas si "intime" que cela, que leur "privé" s’inscrivait dans des lois sociologiques analysables comme système d’oppression. Cette découverte ne peut avoir été faite une fois pour toutes. Elle est à refaire indéfiniment au fur et à mesure qu’on aborde tous les recoins de l’existence des femmes.

Or voilà que celles-là mêmes qui jugeaient que le privé devait être mis entre parenthèses dans un groupe, et qui interprétaient notre désaccord sur ce point comme une attitude "inquisitoriale" (nous ne demandions justement pas de comptes, mais un minimum de transparence, condition nécessaire de la déculpabilisation), soutiennent maintenant des "lesbiennes radicales" dont les principes conduisent à faire violence au vécu individuel, non par le fait d’en parler ou de l’analyser, mais en érigeant des devoirs de conformité du vécu à "la ligne" : pas le vécu des oppresseurs, mais celui des opprimées, ce qui fait toute la différence ! C’est là un renversement insidieux et extrêmement dangereux du principe "le personnel est politique", qui devient : "le politique doit être le personnel". Autrement dit, "le politique", au lieu d’être reconnu comme analyse et projet, est confondu avec le vécu immédiat. Ce n’est plus partir du personnel, c’est vouloir le supprimer (par voie d’accusation et culpabilisation), dans la mesure où ce "personnel" entre en contradiction avec l’idéal affirmé ; c’est prétendre que l’idéal poursuivi peut et doit, ici et maintenant, se matérialiser dans chaque individue poursuivant cet idéal. C’est vouloir abolir les contradictions objectives entre "le vécu" et "le politique" et transformer le "vécu" en du "politique pur". Il faudrait que tout son être ne fasse qu’exprimer "la ligne juste". Le but n’est plus de lutter contre l’oppression, le but est d’exprimer la non-oppression. Ce qui ne peut conduire qu’à se transformer, et vouloir transformer les autres, en étiquettes ambulantes de propagande ; à s’identifier à "l’avenir radieux", mais ce qui est plus grave, à forcer les autres, les "moins libérées", à s’y identifier sans passer par une démarche autonome, c’est à dire à remplacer la libération par la culpabilisation, la prise de conscience par la soumission au nouveau "flic dans sa tête" (le nouveau flic, dans un processus révolutionnaire, est encore plus dangereux que l’ancien, car il est censé ne pas exister). Bref, c’est de la pensée totalitaire. Et il est plus que navrant, il est extrêmement grave pour les femmes, que des féministes ne sachent déceler et dénoncer ce processus politique (connu ailleurs sous le nom de "stalinisme") alors que c’est en luttant contre cela même que les féministes ont pu émerger : en effet, issues généralement de "la gauche", elles ont compris que "la juste ligne marxiste" ne prenait pas en compte leur vécu (d’oppression en tant que femmes) et qu’il fallait non pas réduire la réalité à la ligne (i.e. "il n’y a pas d’antagonisme entre hommes et femmes") mais changer "la ligne" pour l’adapter à la réalité.

Sur tous ces points, nous pensions que l’accord était total dans le collectif depuis le début. Pour nous le rejet des théories léninistes de l’avant-garde, ainsi que des modes de pensées et des pratiques totalitaires, étaient des prémisses de départ, si évidentes qu’elles n’avaient pas besoin d’être explicitées. Il nous semblait aussi que le slogan "le personnel est politique", non seulement ne pouvait être interprété comme une nouvelle caution donnée au vieux principe de l’inter-flicage, mais au contraire constituait une –la seule peut-être– base théorique d’où s’attaquer à ce stalinisme si ordinaire (c’est en tout cas ce que soutiennent S. Rowbotham, L. Segal et H. Wainwright dans "Beyond the fragments" où elles voient ceci comme l’apport principal du féminisme à l’élaboration de politiques réellement révolutionnaires, i.e. libératrices).

De tous ces points, en 1977, un seul ne nous semblait pas acquis, et mériter donc élucidation : la thèse que les femmes constituent une classe. Or nous nous apercevons aujourd’hui que, en l’absence d’accord sur les autres points, même cette théorie, pourtant dépourvue d’ambiguïté quant à ses implications stratégiques – et ses ennemis ne s’y sont pas trompés – peut être déformée, pervertie au sens fort du terme, c’est-à-dire retournée contre elle-même ; que l’absence d’accord sur les autres points permet de glisser, après la proposition que les femmes sont une classe, une série de proposition intermédiaires qui remplacent la conclusion que la classe des hommes est l’ennemi principal par celle que les femmes sont l’ennemi principal des femmes.

Ceci nous démontre une lapalissade : ce qui va sans dire va encore mieux en le disant. C’est pourquoi nous avons jugé plus qu’utile, indispensable, de clarifier ces points restés jusqu’ici implicites, et qui sont cependant partie aussi intégrante, à nos yeux, du féminisme radical, que ceux que nous avons exposés dans l’éditorial du n°1 de Questions Féministes.

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