Etat des lieux des luttes lesbiennes, de leurs enjeux aux niveaux national et international.

samedi 8 juillet 2017
par  CLF
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La situation des lesbiennes a beaucoup progressé grâce aux avancées législatives et sociétales récentes. Mais ces avancées restent fragiles dans un contexte mondial où les extrémismes progressent.

Lutter contre la LESBOPHOBIE

Le terme « lesbophobie » apparaît officiellement en 1998 dans « le Rapport détaillé sur la Lesbophobie dans le monde », présenté par la CLF, Coordination Lesbienne en France, à Montréal, à l’occasion de la préparation de la Marche Mondiale des Femmes contre les violences et la pauvreté. Le terme répond à un vrai besoin de nommer les discriminations spécifiques dont sont victimes les lesbiennes.

Mais c’est un autre événement qui va déclencher sa popularisation. En effet, le 31 janvier 1999, les manifestants anti-PACS scandent "les Pédés au bûcher". En réponse, des partis politiques de gauche (PCF-Verts) et un collectif d’associations mixtes élaborent des propositions de loi contre l’homophobie. Or, dans ces propositions de loi, l’exposé des motifs ne prend en compte que des cas de violences faites aux gays. La CLF (Coordination Lesbienne en France) réagit et décide d’utiliser le terme lesbophobie pour rendre visibles les discriminations et violences que vivent les lesbiennes. Pour aller encore plus loin, elle élabore un projet de loi contre les discriminations lesbophobes.

Dans la foulée, l’organisation CQFD Fierté Lesbienne créé un fonds de solidarité lesbienne, destiné à couvrir une partie des frais d´avocates dans les actions en justice intentées par des lesbiennes victimes de lesbophobie. De 2000 à 2015, elle soutiendra ainsi une douzaine de procès liés à la lesbophobie.

Très vite, la notion de violence lesbophobe est reprise dans la sphère militante avec le « Rapport sur la lesbophobie » lancé en novembre 2003 par l’association SOS homophobie, le terme passe ensuite dans les médias qui, en 2009, couvrent pour la première fois assez largement les procès de Segré et d’Epinay-sous-Sénart : deux cas patents de lesbophobie.

Dès lors, le terme gagne enfin le grand public. Ce mot identifie les réalités auxquelles les lesbiennes sont confrontées dans la sphère publique et les libère du recours au terme homophobie qui noie leur existence dans un universalisme stérile. Au forum social européen de 2004, les Italiennes, les Allemandes … ont accueilli le concept avec enthousiasme, parce que, disent-elles, « il nous parle de ce que nous vivons ».

En parallèle, la lutte contre la lesbophobie est prise en compte par le mouvement féministe parmi les violences faites aux femmes

Soutenir les organisations lesbiennes en prise avec les violences des organisations d’extrême droite..

Les lesbiennes en Europe, et particulièrement dans les Balkans, sont en prise directe avec la violence des groupes d’extrême droite. Il faut être là et à l’écoute pour dénoncer ces situations et manifester notre solidarité active chaque fois que nécessaire.

Agir contre les violences et les crimes lesbophobes dans le monde

Des associations lesbiennes féministes à Strasbourg, Grenoble, Toulouse, Marseille, Paris ... interviennent de plus en plus pour soutenir les demandeuses d’asile lesbiennes venues de tous les pays. En fuite, pour sauver leur vie face aux persécutions, ces lesbiennes qui arrivent jusqu’à nous ont subi des actes d’une extrême violence (viol correctif, tentative de meurtre, mariage forcé, mutilation, coups, insultes, mise à la rue sans ressources …). L’asile politique devient leur seule issue pour se reconstruire et vivre enfin, autonomes et égales à toute autre personne.

Agir nationalement ne suffit plus. La CLF entretient des relations de proximité avec les associations lesbiennes des pays où le lesbianisme et l’homosexualité sont réprimés : il est vital de les soutenir et de les appuyer au Cameroun ; en Ouganda qui a promulgué une loi intitulée « kill the gay bill » et où les mouvements évangélistes venus des Etats-Unis y sont le fer de lance d’une répression brutale, en Côte d’ivoire, dans un contexte difficile lié à l’après-guerre ; au Sénégal où des lesbiennes s’organisent au grand jour malgré la répression etc.

Œuvrer pour la dépénalisation universelle du lesbianisme et de l’homosexualité
est une question de vie ou de mort
pour des milliers de lesbiennes dans le monde

Mars 2017
Pour la Coordination Lesbienne en France, Jocelyne Fildard, Catherine Morin Lesech, Marie Josèphe Devillers

N.B. L’article ci-dessus a été publié dans la revue Passerelle dans le N° 17 de la collection Passerelle édité par RITOMI : Féminismes ! Maillons forts du changement social. Ce numéro est en téléchargement sur http://www.coredem.info/rubrique76.html
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