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vendredi 2 mars 2012
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Contre l’ordre hétérosexiste, désordres lesbiennes

Tract, Lesbiennes Révolutionnaires, Paris- 25 novembre 1995

Nous avons décidé de nous regrouper aujourd’hui, lesbiennes de diverses tendances politiques : lesbiennes féministes, révolutionnaires, anarchistes, anti-impérialistes, pour énoncer dans ce tract une réflexion commune sur notre participation en tant que lesbiennes à cette manifestation.

Solidarité avec une lutte internationale contre la violence faite aux femmes et aux lesbiennes.

Depuis plusieurs années, le 25 novembre est fêté dans de nombreux pays comme un jour de lutte contre les violences faites aux filles, aux femmes et aux lesbiennes dans le monde. Dans les Pays du Sud depuis dix ans les féministes hétéro et les lesbiennes s’organisent massivement pour analyser et lutter contre tes violences faites aux femmes : la pauvreté, le viol, le retrait du droit à l’autodétermination, à l’autonomie, au libre choix de la sexualité et l’interdit de la libre expression : toutes formes de l’appropriation des femmes par les hommes, économique, sexuelle, intellectuelle et affective.

Les Lesbiennes disent non à l’ordre moral patriarcal

Depuis dix ans, en Europe si l’existence du mouvement lesbien s’est diversifié et qu’il v a eu multiplication des objectifs, nous remarquons par contre un affaiblissement de la conscience collective et politique. En revanche le fondamentalisme religieux et l’extrême droite étendent leur influence au sein des pouvoirs et des gouvernements.
Aujourd’hui nous sommes présentes dans cette manifestation, lesbiennes politiques de diverses tendances, parce que la remise en cause du droit à l’avortement n’est qu’un prémisse à l’avancée d’une pensée de droite, blanche, raciste, fondamentaliste, machiste, sexiste et homophobe. Nous pensons que face à cette véritable offensive des forces les plus réactionnaires il est nécessaire de redonner à nos luttes, qui se sont ces dernières années individualisées et parcellisées, une dynamique et un sens collectif.

Lors de la Conférence des Femmes à Pékin en septembre 95 les fondamentalistes catholiques et musulmans et les évangélistes américains se sont retrouvés. On a pu remarquer des convergences dans leurs positions, quant au refus d’accorder aux femmes le libre choix de disposer d’elles-mêmes, dans leur sexualité, l’accès aux responsabilités politiques et à la participation à la vie économique et sociale de leur pays. On peut même parler à cette occasion de la formation d’une internationale fasciste, antifemmes. En s’attaquant au droit à l’avortement, les intégristes de tous bords n’ont d’autre finalité que d’imposer un retour à leur ordre moral qui ne propose comme seul avenir aux femmes que d’être enfermées au sein de la famille et au sein d’une collectivité où elles n’ont d’autre rôle à jouer que celui de mère. Celui d’être la propriété des hommes.

Nous ne voulons pas l’égalité, mais la révolution

En tant que lesbiennes nous ne nous faisons pas d’illusion sur la liberté et l’égalité acquises au sein d’un système qui reste patriarcal et dominé par les hommes. Notre choix de l’autonomie n’est toléré dans les pays dit démocratiques, que dans la mesure où nous menons un profil bas, et nous limitons à en faire un choix « privé », une option sexuelle mineure. Mais si nous affirmons nos choix de vie comme une libération et une lutte politique contre un système, nous subissons la répression de plein fouet. La ’libération des femmes’ n’est tolérée que dans la mesure où elle sert l’économie et la famille.

Malgré les luttes féministes et lesbiennes pour le salaire égal et l’accès à l’emploi, 20 ans plus tard les femmes et les lesbiennes sont toujours les premières visées par le chômage et ont des salaires inférieurs de 27% à ceux des hommes, sans parler de la non représentativité des femmes dans les organes du pouvoir. Ceci montre bien que dans une société où le salaire est en l’onction du statut social, les femmes et les lesbiennes ont un statut inférieur et donc un salaire inférieur. Dans une société fondamentalement inégalitaire, nous ne luttons pas pour une égalité des salaires, mais pour une société où seraient abolies les classes de sexe, et où le pouvoir ne serait plus détenu par une seule classe d’hommes, blancs, riches, en bonne santé et jeunes.

Le choix politique de l’autonomie

La structure familiale est une institution patriarcale imposée par les hommes, qui à travers t’éducation des enfants impose l’apprentissage des rôles homme/femme, et la contrainte à l’hétérosexualité comme seule perspective de vie.
3 petites filles sur 5 subissent des violences sexuelles et des viols par inceste. La famille est le premier lieu où s’exerce la violence contre les femmes : violences physiques, sexuelles, psychologiques. Les hommes s’y approprient les femmes et y consolident leur pouvoir individuel et social. En imposant le silence sur cet état de fait, ils le perpétuent.

Nous, lesbiennes qui refusons la famille hétérosexuelle et la contrainte à l’hétérosexualité, considérons comme une stratégie politique de nous organiser de manière autonome dans notre vie sexuelle et affective, dans notre démarche culturelle et politique. Nous appelons à la mise en place de groupes de réflexion et de réseaux internationaux (avec les lesbiennes et les féministes des autres continents), pour une réactualisation de l’analyse du patriarcat et pour la construction d’une stratégie efface, contre toute forme de violence institutionnelle et individuelle exercée par les hommes contres les femmes.

Nous luttons pour que tous les rapports de pouvoir et d’oppression soient remis en question. Mais nous pensons que la première oppression est l’appropriation des femmes par les hommes dans le patriarcat. Aussi en choisissant d’affirmer que notre lesbianisme est aussi un choix politique d’autonomie et de liberté, nous participons déjà à créer une stratégie collective de résistance et de libération.
Rejoignez-nous.

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