Lesbenring - Heidelberg - Allemagne

jeudi 10 octobre 2013
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Très brièvement. J’ai 57 ans, je suis Lesbienne féministe depuis environ 30 ans et impliquée dans Lesbenring depuis 7 ans.

Lesbenring, fondée il y a 31 ans est devenue peu à peu une organisation fédératrice pour les groupes lesbiens en Allemagne, mais aussi pour les lesbiennes appartenantt à des organisations LGBT ou féministes, les individues sont également les bienvenues. Je ne peux pas calculer le nombre exact de membres, mais au total cela doit faire plusieurs milliers. Et sur facebook, Lesbenring à des milliers d’amies.

Nous pensons que les jeunes lesbiennes ne sont pas du genre à adhérer à une association. C’est important d’essayer de les toucher, mais pas facile, aussi j’attends beaucoup de cette Rencontre pour trouver des idées à ce sujet.

En 2012, nous avons célébré notre 30° anniversaire par un e très grande fête lors de la traditionnelle Rencontre lesbiennes de printemps qui cette année a eu lieu à Nuremberg.

Lesbenring s’est toujours pensé comme une organisation féministe, reprenant a sa charge les revendications féministes en même temps que les revendications lesbiennes de toute sorte.

C’est une association déclarée et le premier service qu’elle rend à ses adhérentes, c’est la publication de LesbenringInfo qui paraît tous les 2 mois. Il a été relancé il y a quelques années et il est maintenant produit par 3 lesbiennes de Leipsig. Chaque numéro traite d’un thème particulier, le dernier par exemple traitait de la question suivante : « comment votent les lesbiennes » parce qu’en Allemagne nous allons voter en septembre pour un nouveau gouvernement.

Lesbenring est la seule organisation lesbienne a faire partie du Conseil Allemand des femmes “Deutscher Frauenrat” qui est l’organisation féministe la plus puissante en Allemagne quoique assez « mainstream ». Néanmoins, il est important d’y être pour y soulever des questions et des sujets propres aux lesbiennes.

Depuis 2 ans, Il existe en Allemagne une fondation importante qui s’occupe de l’histoire des gays et des lesbiennes, d’abord et avant tout de l’histoire sous le fascisme et depuis : (Magnus-Hirschfeld-Stiftung).

Lesbenring a la chance d’être à même de les influencer. En effet, Elke Heinicke, notre porte parole représente Lesbenring au conseil d’administration de cette fondation. On a ainsi pu exiger une participation lesbienne féministe au comité scientifique. Ça n’est pas un poste facile.

Le rôle (bénévole) de notre porte parole est de porter le point de vue de Lesbenring sur les questions politiques. Récemment, par exemple, à propos du mariage homosexuel, et des avantages fiscaux qui lui sont liés et qu’on appelle en Allemagne le fractionnement du revenu en faveur des épouses. « Spouses-splitting » Ces avantages fiscaux sont bâtis sur l’idée du mariage classique où l’homme est le gagne pain de la famille et où la femme, assure les tâches ménagères ou exerce un travail d’appoint. Pendant des années, Lesbenring s’est battue pour que disparaisse ce système, mais récemment, ces avantages fiscaux ont été étendus au couples mariés de même sexe – suivant en cela les préconisations de l’organisation LGBT mainstream LSVD – mais on continue à proposer d’autres options, c’est-à-dire considérer toute personne, homme, femme, lesbiennes comme un être responsable et autonome y compris en ce qui concerne les impôts.

En ce qui concerne nos actions internationales. Nous sommes membres d’Ilga et j’essaie de suivre au moins l’actualité européenne. Récemment, nous avons décidé de porter au Conseil des femmes allemandes la question de la situation difficile vécue par les lesbiennes (mais aussi par les gays) dans certains pays de l’Est et la question du droit d’asile pour les lesbiennes.

On est très fière d’être toujours là et bien vivantes et d’avoir œuvré pour les droits et la visibilité des lesbiennes pendant plus de 30 ans. J’ai demandé à mes collègues qu’elles étaient les autres raison d’être fières de nous. Elles ont alors cité deux grande conférences lesbiennes féministes quand Lesbenring a fêté ses 20 ans puis ses 25 ans et aussi une magnifique campagne de Coming out et beaucoup d’autres choses.

Est-ce qu’on est encore importantes ?

Oui et pour plusieurs raisons et surtout pour affirmer une position qui est plus exigeante que la seule politique mainstream - on pourrait aussi dire malestream- qui n’accepte les lesbiennes (et les gays) que lorsqu’ils se coulent dans moule hétérosexuel, se présentant comme des personnes normales, comme tout le monde. En disant cela, on dois reconnaître que, nous, en Allemagne, nous sommes dans une situation privilégiée comparée à la situation des lesbiennes dans beaucoup de pays européens et non européens où ;vivre en tant que lesbienne visible est très dangereux et donc, être seulement acceptée comme une « personne normale » serait un progrès réel et se battre pour ça constitue une position réellement progressiste.

Mais ayant commencé à s’organiser dans les années 70 et à s’impliquer politiquement, nous nous souvenons que nous ne voulions pas juste « une part du gâteau , nous voulions en contester la recette et sa fabrication, en l’appelant héteérosexisme ou contrainte à l’hétérosexualité. Je pense que hétéronormativité est le terme en usage aujourd’hui. Par exemple, Lesbenring a exprimé dans son programme politique que le marraige ne pouvait pas être un objectif lesbien féministe. Des lesbiennes ont alors quitté l’organisation tandis que d’autres, comme moi, l’ont rejointe sur cette position. Lesbenring parlait de son horreur de l’institution patriarcale du mariage, préférant imaginer des concepts de relation et mise en réseau différents entre les lesbiennes. . Bien sûr, ça ne veut pas dire qu’on allait participer à des actions (conservatrices ou de droite) contre le mariage de personnes de même sexe. Des membres de Lesbenring ont décidé individuellement de légaliser leur relation de couple pour de multitudes bonnes raisons essentiellement pratiques, mais on continue à penser que le mariage n’a jamais été une bonne option pour les femmes et les lesbiennes ont accumulé une grande expérience dans des formes de vie ensemble et de soutien dans et en dehors du contexte de couple.

Ces 3 dernières années, nous avons organisé 3 WE de rencontre entre lesbiennes pour réfléchir aux questionq importantes pour les lesbiennes. On appelle ces WE « Denkwerkstatt », ateliers de réflexion, et la question la plus importante qui a été soulevée es t très basique : la question de l’argent, du travail, gagner sa vie – ça peur paraître étrange puisque l’Allemagne est considérée comme un pays riche et opulent mais, néanmoins, pour une part de la population toujours plus importante, surtout les femmes, la pauvreté est une menace, spécialement en vieillissant. Nous avons réfléchi à la revendication du revenu « inconditionnel d’existence » et l’avons inclus dans nos revendications.

Les lesbiennes en Allemagne se préoccupent beaucoup de visibilité dans tous les aspects de la vie. Etre « out and loud »……. Des recherches récentes ont montré que spécialement pour les lesbiennes, qui doivent faire face à plus d’une oppression, parce que migrantes, noirs, handicapées en plus d’être lesbiennes, elles ont à faire à des situations difficiles voire dangereuses.

Une question sur laquelle nous considérons que nous sommes pionnières, c’est ce qu’on appelle « inclusion ». Depuis longtemps, on a essayé de rendre les évènements lesbiens accessibles aux lesbiennes handicapées – pas toujours avec succès bien sûr, mais de plus en plus – Par exemple, la réunion annuelle de printemps ne peut avoir lieu que si le lieu choisi est accessible aux chaises roulantes et la traduction en langue des signes disponible.

Des organisations lesbiennes soutiennent des réfugiées et des demandeuses d’asile, car nous savons toutes que c’est une question difficile en Europe Et comme je l’ai dit plus haut, Lesbenring va porter cette question auprès du conseil des organisations féministes.

Une autre question importante qui a été débattue depuis plusieurs années est la question de la persécution des lesbiennes sous l’Allemagne fasciste. C’est beaucoup plus clair pour les gay car beaucoup d’entre eux ont été déportés avec le triangle rose, il semble que la persécution des lesbiennes a été moins meurtrières et moins organisée – c’était le temps de la dissimulation comme l’a nommé Claudia Schoppmann, la pionnière allemande de l’histoire des lesbiennes sous le troisième Reich .La persécution des gays et lesbiennes a pris beaucoup de temps avant d’être reconnue. Mais maintenant, l’Allemagne dispose à Berlin,, d’un mémorial national de la persécution homosexuelle sous le national socialisme et la fondation Magnus Hirschfeld offre la possibilité d’engager des recherches et publications sur ces sujets et il nous appartient de faire en sorte que l’histoire des lesbiennes y ait toute sa place. Car comme vous le savez, c’est toujours un challenge quand on parle d’homosexualité d’y inclure les intérêts des lesbiennes. Trop souvent ils ne le sont pas et on doit le dire et le redire sans cesse. C’est fatigant, mais nécessaire.

Ulrike Janz

www.lesbenring.de



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