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		<title>POURQUOI LES GAYS NE PEUVENT-ILS &#202;TRE LES ALLI&#201;S OBJECTIFS DES LESBIENNES ? </title>
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&lt;p&gt;POURQUOI LES GAYS NE PEUVENT-ILS &#202;TRE LES ALLI&#201;S OBJECTIFS DES LESBIENNES ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Mich&#232;le Causse &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; On s'aper&#231;oit qu'&#224; force de s'identifier au mod&#232;le viril dominant, le mim&#233;tisme gay est pass&#233; en trente ans de la simple strat&#233;gie de d&#233;fense face &#224; un environnement hostile, &#224; une v&#233;ritable offensive politique qui leur a permis de conqu&#233;rir plus de libert&#233; sexuelle, plus de droits, plus de visibilit&#233;, et peut-&#234;tre plus de paternit&#233;, sans avoir &#224; remettre en question l'ordre phallique... &#187; Marie-Jo Bonnet &lt;br class='autobr' /&gt; En (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://coordinationlesbienne.org/spip.php?rubrique110" rel="directory"&gt;Bibliographie &#224; compl&#233;ter&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;POURQUOI LES GAYS NE PEUVENT-ILS &#202;TRE LES ALLI&#201;S OBJECTIFS DES LESBIENNES ?
&lt;p&gt;Mich&#232;le Causse&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; On s'aper&#231;oit qu'&#224; force de s'identifier au mod&#232;le viril dominant, le mim&#233;tisme gay est pass&#233; en trente ans de la simple strat&#233;gie de d&#233;fense face &#224; un environnement hostile, &#224; une v&#233;ritable offensive politique qui leur a permis de conqu&#233;rir plus de libert&#233; sexuelle, plus de droits, plus de visibilit&#233;, et peut-&#234;tre plus de paternit&#233;, sans avoir &#224; remettre en question l'ordre phallique... &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marie-Jo Bonnet&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En raison du harc&#232;lement, de la discrimination dont les gays et les lesbiennes font l'objet dans un r&#233;gime h&#233;t&#233;rosocial, certaines lesbiennes croient juste de mener une action de r&#233;sistance avec les gays, dans des structures communes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Rien de plus utile, en revanche, que de collaborer ponctuellement contre (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les uns et les unes vivent en effet dans une culture misogyne, sexiste, homophobe, o&#249; r&#232;gne d'abord l'oppression des femmes : expression qui n'est plus de mode au pr&#233;texte que les femmes ne sont pas un groupe homog&#232;ne et que ladite oppression aurait disparu en m&#234;me temps que la domination masculine. Nombre de lesbiennes jugent les gays moins sexistes que les m&#226;les h&#233;t&#233;ros parce qu'ils ne les importunent pas sexuellement. Et elles croient &#224; tort que des int&#233;r&#234;ts communs les unissent. Or le mouvement de lutte des Uns n'a pas les m&#234;mes objectifs que le mouvement des Unes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les gays, en effet,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) appartiennent &#224; la classe des hommes et jouissent des privil&#232;ges de cette classe ; &lt;br class='autobr' /&gt;
b) ont un culte du p&#233;nis ou de la synecdoque (la partie pour le tout) ; &lt;br class='autobr' /&gt;
c) privil&#233;gient l'hommosocialit&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt; d) laissent aux lesbiennes un statut inf&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a) Homo = homme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'appartenance &#224; la classe des hommes conf&#232;re aux gays l'acc&#232;s &#224; tous les droits des hommes (salaires plus &#233;lev&#233;s, &#233;lection aux postes de responsabilit&#233; politique &#8211; maire, d&#233;put&#233; &#8211; universitaire, financi&#232;re, etc.). Tant il est vrai que, priv&#233;s des droits li&#233;s au genre masculin-universel &#224; cause de leur &#171; orientation sexuelle &#187;, les gays font &#233;dicter des lois visant &#224; leur rendre au plus vite leurs privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour autant, les gays ne veulent pas savoir que les &#171; Droits de l'Homme &#187; (comme on dit si obstin&#233;ment en fran&#231;ais) ne sont pas ceux des femmes ni des lesbiennes. Trait&#233;s d'eff&#233;min&#233;s ou de femmelettes, ils ne se sont pas rang&#233;s du c&#244;t&#233; des opprim&#233;es premi&#232;res de la soci&#233;t&#233; (&#224; l'exception des rares &#171; effeminist faggots &#187; des ann&#233;es 70&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Je pense hier &#224; Benoit Lapouge, &#224; Jean-Luc Pinard Legry, au premier Guy (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de quelques autres) mais ont revendiqu&#233; leur m&#226;litude et entendent bien garder leur citoyennet&#233; privil&#233;gi&#233;e. Ce faisant, ils signent leur loyaut&#233; &#224; la supr&#233;matie masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b) Hors le p&#233;nis point de salut&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En phallocratie, dite aussi beno&#238;tement androcratie, le p&#233;nis est f&#233;tichis&#233;, mythifi&#233;, montr&#233;, exalt&#233; &#8211; voir le roman de Moravia Io e Lui, les bd, les films &#8211; et ce sont des hommes qui ont tranquillement affirm&#233; que la femme &#233;tait un homme castr&#233;, avec les dommages que l'on sait, Simone de Beauvoir allant jusqu'&#224; ent&#233;riner cette vision inculqu&#233;e. Le p&#233;nis (Lacan enseigne) est d&#233;tenteur du Tout pouvoir, symbolique, &#233;conomique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Or rien, dans la culture gay n'infirme cette pr&#233;tention, bien au contraire. Ici plus que partout, le p&#233;nis est le vecteur de la toute-puissance. Il n'est que de voir la gay parade o&#249; il est totem sans tabou, exhib&#233; &#224; des milliers d'exemplaires avec ou sans condom. Et le sort de ce p&#233;nis fait l'objet de publicit&#233; envahissant tous les &#233;crans &#224; toute heure. On n'en a jamais vu autant pour quelque organe li&#233; &#224; la jouissance lesbienne... et pour cause : notre corps ne saurait se morceler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il reste pourtant, simple d&#233;tail, que des millions de clitoris sont, dans une grande partie du monde, coup&#233;s et jet&#233;s aux chiens. Sans que les m&#226;les gouvernants s'en indignent. Apr&#232;s tout, adoub&#233;s par leurs pairs complices, n'ont-ils pas quelque l&#233;gitimit&#233; &#224; ignorer le sort de ces subsum&#233;es que sont les femmes ? Sexcis&#233;es d&#232;s la naissance en tout pays et simples commodit&#233;s reproductives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La lutte contre le sida, &#244; combien n&#233;cessaire, a emphatis&#233; l'importance du p&#233;nis. De machine &#224; jouir il est devenu machine &#224; mourir. Le sida a terrass&#233; les gays de tout &#226;ge. Et leurs s&#339;urs lesbiennes, &#233;pargn&#233;es, de se pr&#233;cipiter au chevet du malade. Toutes en antigones qui pour prix de leur d&#233;vouement se virent promptement oubli&#233;es et remis&#233;es. Il n'est pas de bon ton de rappeler que le sida est d&#233;sormais une maladie &#233;vitable (&#224; l'inverse du cancer), le pr&#233;servatif faisant m&#234;me l'objet de distribution dans les &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et soulignant par sa pr&#233;sence pr&#233;coce que la seule bonne sexualit&#233; est la phallique, homo ou h&#233;t&#233;ro. Un seul d&#233;sir, celui qu'exprime le d&#233;tenteur dudit organe. Pr&#233;serv&#233; ou non. Or ce p&#233;nis, choy&#233; par les gays, soign&#233;, vant&#233;, exhib&#233;, est redout&#233; par maintes femmes et compl&#232;tement rejet&#233; par les lesbiennes. Du moins avant l'apparition &#171; &#339;cum&#233;nique &#187; des queers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='A l'heure actuelle, les queers &#8211; mouvement de la mouvance &#8211; dans leur volont&#233; (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car le p&#233;nis a &#233;t&#233; et continue d'&#234;tre l'arme la plus utilis&#233;e de l'asservissement depuis l'enl&#232;vement des Sabines et des petites Afghanes jusqu'aux guerres &#171; ethniques &#187; : l'instrument servant &#224; ensemencer les ventres d'un maximum de femmes &#171; ennemies &#187;. Les lesbiennes posent un regard politique sur l'usage du p&#233;nis. Jusqu'&#224; ce jour, tel n'a pas &#233;t&#233; le souci des gays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
c) Men in groups&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si les gays, en g&#233;n&#233;ral, ne &#171; baisent pas les femmes &#187;, enfreignant ainsi un des commandements du r&#233;gime h&#233;t&#233;rosexiste, c'est parce qu'en toute logique ils ne s'approchent sexuellement que des &#234;tres qu'ils estiment &#233;gaux &#224; eux-m&#234;mes. &#192; savoir des &#234;tres sup&#233;rieurs dans la hi&#233;rarchie sociale et humaine. Il va de soi que les gays, &#224; l'instar des h&#233;t&#233;ros et plus encore qu'eux, admirent, fr&#233;quentent, favorisent, aiment les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tout le monde, il est vrai, aime les hommes, c'est une prescription explicite qu'il ne fait pas bon transgresser. Depuis la Gr&#232;ce antique, les &#171; sodomites &#187; n'&#233;prouvent reconnaissance, respect et amour que pour leur caste selon une parfaite coh&#233;rence avec le r&#233;gime dans lequel nous vivons. NE PAS AIMER LES HOMMES &#224; l'instar des lesbiennes, est per&#231;u comme le crime social par excellence, ne pas les servir, les reproduire, les admirer, les copier, ne pas penser comme eux est dangereux. Cela, toutes les femmes le savent intuitivement. Et se comportent en cons&#233;quence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='D'o&#249; l'acceptation volontaire ou forc&#233;e des lesbiennes &#224; s'associer aux gays, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est dire quel ab&#238;me s&#233;pare les gays &#8211; loyaux aux principes de la soci&#233;t&#233; androcratique et artisans souvent heureux de certaine l&#233;gislation r&#233;formiste (pacs, homoparentalit&#233;, etc.) &#8211; et les lesbiennes, loyales &#224; la classe des opprim&#233;es premi&#232;res et gu&#233;rill&#232;res plus souvent vaincues que vainqueurs (pas de f&#233;minin pour ce vocable, comme par hasard) dans leur lutte pour la reconnaissance d'un statut d'individue, voire de citoyenne. (Rions un peu !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;d) Les rat&#233;es du bon sexe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le m&#233;pris qu'affichent les gays envers les lesbiennes est le corollaire direct du Symbolique viriocratique. Parfois dissimul&#233; sous une bienveillance de surface, il est volontiers assorti de violence pornographique. Ce m&#233;pris est diffus, absolu, et il impr&#232;gne toute manifestation de la vie publique et priv&#233;e, de la culture, au point qu'il n'est souvent m&#234;me pas senti par la majorit&#233; de celles qui en sont victimes. La haine des femmes et des goudous, si bien per&#231;ue par les lesbiennes historiques, s'&#233;tale dans la mode, dans l'enseignement, dans le divertissement. Elle s'accompagne d'une d&#233;rision qui fait passer pour &#171; plaisanterie &#187; le plus constant d&#233;nigrement et harc&#232;lement dont les femmes font l'objet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='&#192; l'exemple de la mode qui, exhibitionniste, propage l'anorexie, des (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certes, les gays aussi font les frais de plaisanteries salaces (ne sont-ils pas bais&#233;s et encul&#233;s, r&#233;ification &#171; normalement &#187; r&#233;serv&#233;e aux femmes ?) et ils vivent alors, le temps d'une insulte, le temps d'une bastonnade parfois fatale, ce que les femmes endurent toute leur vie. Pour autant, s'allient-ils aux lesbiennes afin de lutter contre cette assimilation &#224; la classe indigne des femmes ? Contre l'invisibilit&#233; syst&#233;matique des lesbiennes ? Se sont-ils indign&#233;s de la mise &#224; l'&#233;cart des lesbiennes dans la cr&#233;ation, par exemple, des archives parisiennes de l'homosexualit&#233; ? Ne sont-ils pas &#224; l'origine de cet &#171; oubli &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Performances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les gays mim&#233;tiques affirment souvent leur all&#233;geance &#224; la classe des hommes en arborant une hypervirilit&#233;, moustaches, cuir, fouet, mise en sc&#232;ne du sado-masochisme, multi-tricks ou alors recourent aux artifices caricaturaux de la f&#233;minit&#233; la plus exacerb&#233;e, la plus ridicule, montrant ainsi qu'ils ma&#238;trisent les deux p&#244;les de l'ali&#233;nation humaine. Et s'en jouent. De la &#171; p&#233;nible &#233;volution vers la f&#233;minit&#233; &#187; (Freud) ils ne voient que la poup&#233;e Barbie et d&#233;noncent sans le vouloir la construction des genres, l'artificialit&#233; d'une assignation &#224; vie. Assignation que la grammaire, sans failles, reconduit : le masculin l'emportant sur le f&#233;minin en toute impunit&#233; et sans troubler les genres. Exemple : &#171; Dix lesbiennes et un cochon sont entr&#233;s dans la salle. Ils ont &#233;t&#233; re&#231;us froidement. &#187; Le vrai d&#233;bat politique, la vraie mise en accusation des normes qui d&#233;finissent les statuts, qui l'a men&#233;e sinon les lesbiennes radicales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='En particulier Monique Wittig et les chercheuses publi&#233;es dans la revue (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Aussit&#244;t accus&#233;es de frigidit&#233; ! Quand on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des maux et des maudites&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'objectif des gays est d'obtenir impun&#233;ment l'acc&#232;s au corps de leurs semblables dans une soci&#233;t&#233; h&#233;t&#233;rosexiste sans pourtant remettre en cause les fondements de l'h&#233;t&#233;rosocialit&#233; (qui leur convient &#224; plus d'un &#233;gard), mais en visant plut&#244;t &#224; l'int&#233;gration-assimilation. Certes, r&#233;clamer le droit de baiser et d'&#234;tre bais&#233; (voire aimer et &#234;tre aim&#233;) par le seul sujet exalt&#233; dans le socius est consid&#233;r&#233; par les l&#233;gislateurs h&#233;t&#233;ros du monde entier comme une chute ontologique, un amoindrissement de l'&#234;tre alors que le gay est le produit le plus coh&#233;rent d'un r&#233;gime plan&#233;taire o&#249; tout le monde aime les hommes y compris et surtout la classe de sexe des femmes, appropri&#233;e dans son ensemble et dress&#233;e &#224; servir les int&#233;r&#234;ts des hommes (cf. Colette Guillaumin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'objectif des lesbiennes est d'&#233;chapper &#224; cette contrainte en faisant exister sur la plan&#232;te ce qui n'a jamais eu son lieu, &#224; savoir l'amour philogyne (le contraire de la misogynie). Cet objectif est consid&#233;r&#233; comme un privil&#232;ge indu dans la mesure o&#249; les femmes appartiennent aux hommes. La relation lesbienne doit rester un fait isol&#233;, clandestin, qui ne d&#233;passe pas le cadre de l'exp&#233;rience intersubjective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Hommes et gays continuent aujourd'hui &#224; d&#233;valoriser le mouvement associatif f&#233;ministe et lesbien quand il op&#232;re dans des structures non mixtes. Les lesbiennes ont donc un objectif politique en contradiction absolue avec les r&#232;gles des soci&#233;t&#233;s dans lesquelles elles vivent puisqu'elles pr&#233;conisent ce qui n'a jamais exist&#233; : l'alliance entre Individues et la disparition des classes de sexe gardiennes de la hi&#233;rarchie des pouvoirs. Elles ne demandent pas moins que de se soustraire aux registres dont les hommes disposent depuis toujours, le normatif et le prescriptif, issus directement du symbolique phallique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ensemble s&#233;par&#233;ment&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'association des gays et des lesbiennes ne saurait avoir lieu sans une critique radicale de la phallogocratie et des privil&#232;ges qu'elle conf&#232;re aux m&#226;les dans leur ensemble. C'est aux gays que revient le devoir de se d&#233;solidariser de leur classe de sexe, de refuser l'int&#233;gration-assimilation aux h&#233;t&#233;ros et de mener une vraie politique contre le d&#233;terminisme g&#233;n&#233;tique dissimulant le fait que l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; est un r&#233;gime de pouvoir. C'est &#224; eux de reconna&#238;tre que, dans la lutte, la v&#233;ritable force r&#233;volutionnaire est celle des lesbiennes, auxquelles la premi&#232;re place doit &#234;tre c&#233;d&#233;e de toute urgence. Faute de quoi les mouvements LGBT ne seront que l'un des avatars de la mixit&#233; revue et corrig&#233;e au b&#233;n&#233;fice des seuls hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;strong&gt;Pour le moment, l'&#233;galit&#233; des lesbiennes et des gays est aussi oxymorique que celle des femmes et des hommes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Texte publi&#233; chez les P&#233;n&#233;lopes en 2002, Bagdam Espace Lesbien 2006, relu le 8 f&#233;vrier 2008)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rien de plus utile, en revanche, que de collaborer ponctuellement contre des instances de pouvoir phallique, par exemple dans la lutte contre les diktats du Vatican. Ainsi de l'association lesbienne italienne Fuoricampo s'unissant aux LGBT dans le mouvement Facciamo Breccia (mixte, la&#239;que, dont le slogan est NO VAT) et dans ce but pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je pense hier &#224; Benoit Lapouge, &#224; Jean-Luc Pinard Legry, au premier Guy Hocquenghem, seuls contre la puissante intelligentsia p&#233;dophile masculine : Ren&#233; Scherer, Tony Duvert et autres. Je pense aujourd'hui &#224; quelques gynandres (cf. Contre le sexage, Balland, 2000) conscients des effets du sexisme, ainsi des regrett&#233;s Guillaume Dustan, L&#233;o Thiers-Vidal et quelques autres bien vivants, mais plus souvent qu&#233;b&#233;cois que fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A l'heure actuelle, les queers &#8211; mouvement de la mouvance &#8211; dans leur volont&#233; de d&#233;naturaliser la bite, jouent &#224; d&#233;multiplier le p&#233;nis et &#224; en faire une proth&#232;se ludique, le packing. Dop&#233;s &#224; l'Humour, les textes et pratiques des queers, fortement influenc&#233;s par la culture masculine gay &#8211; avec r&#233;f&#233;rence oblig&#233;e aux canons homosexuels &#8211; naviguent dans l'orbe d'un courant sado-maso qui se veut subversif. Mais si l'on voit bien fleurir des lesbiennes d&#251;ment nanties d'un gode (de valeur ajout&#233;e, en somme), on ne voit gu&#232;re de gays vulviques ou clitoridiens ! Le regrettable mim&#233;tisme anatomique ne joue que dans un sens. Celui de la plus-value masculine. L'existence des drag kings, drag queens et la multiplication des trans, t&#233;moignent &#224; la fois de la volont&#233; de transgresser les genres et de l'impossibilit&#233; de le faire dans un syst&#232;me phallocratique dont les normes sont sadiquement appliqu&#233;es. &#192; tel point qu'un trans f&gt;m est de plus s&#251;re qualit&#233; qu'un trans m&gt;f. La faute &#224; qui ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'o&#249; l'acceptation volontaire ou forc&#233;e des lesbiennes &#224; s'associer aux gays, aux bi, aux trans, diluant ainsi leur connaissance d'elles-m&#234;mes, leur sexualit&#233; model&#233;e sur celle des gays (&#171; Viens que j'te bouffe le cul &#187;), leurs buts propres, leur culture &#8211; le plus souvent elles ne savent pas qu'elles en ont une &#8211; pour cr&#233;er une nouvelle mixit&#233; mim&#233;tique comme dans les &#171; maisons des homosexualit&#233;s &#187;, lieu illusoire de pacification des conflits, o&#249; la pr&#233;sence des hommes offre une rassurance (sic), une cr&#233;dibilit&#233; (sic), une visibilit&#233;, des revenus financiers plus importants, etc., bref une vitrine h&#233;t&#233;ro dans tous ses effets. Ce qui n'emp&#234;chera pas, bien s&#251;r, quelques vraies solidarit&#233;s. cr&#233;dibilit&#233; (sic), une visibilit&#233;, des revenus financiers plus importants, etc., bref une vitrine h&#233;t&#233;ro dans tous ses effets. Ce qui n'emp&#234;chera pas, bien s&#251;r, quelques vraies solidarit&#233;s.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; l'exemple de la mode qui, exhibitionniste, propage l'anorexie, des animateurs de t&#233;l&#233; homosexuels qui n'h&#233;sitent pas &#224; brocarder les femmes et les goudous, des articles de presse qui laissent la signature aux gays, libres de recenser les ouvrages litt&#233;raires qui ne les remettent pas en question, des profs d'universit&#233; qui traitent en subalternes les doctorantes dites &#171; consentantes &#187; et ignorent ou pillent les apports th&#233;oriques des lesbiennes radicales, etc.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En particulier Monique Wittig et les chercheuses publi&#233;es dans la revue Espace lesbien. &#192; para&#238;tre La sapiens ou la fin d'une imposture (Barasc-Causse)&lt;/p&gt;
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