Non, il n’y a pas d’alliance entre lesbiennes féministes et opposants au mariage pour tous !!

samedi 13 février 2016
par  CLF
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La presse s’est fait écho des "Assises pour l’abolition de la maternité de substitution" qui se sont tenues le 2 février 2016 à Paris, mais, hélas, relatées de façon très biaisée. Le journal "Le Monde" traite l’information sur un ton que nous trouvons méprisant. Quant à Yagg, média LGBT en ligne, la journaliste laisse par exemple sous-entendre qu’il y aurait collusion entre Lesbiennes féministes et opposants au mariage pour tous !!!!.
Nous avons souhaité réfuter cet article avec une lettre ouverte à la journaliste qui en est l’auteure.

Lettre ouverte en réponse à l’article publié par YAGG :

http://yagg.com/2016/02/04/militantes-lesbiennes-feministes-et-opposant-e-s-au-mariage-pour-tous-ensemble-pour-labolition-de-la-gpa/

Madame,

Vous avez provoqué la stupeur dès le début de votre article intitulé « Militantes lesbiennes féministes et opposant.e.s au mariage pour tous, ensemble pour l’abolition de la GPA ?. Si tel était l’effet recherché, vous avez réussi mais la manière dont vous relatez vos informations nous pose questions !

De vouloir sous-entendre une alliance entre nous et "la manif pour tous", est mensonger et un peu trop simpliste ! Avez vous voulu, à dessein, induire en erreur vos lecteurs et lectrices ?

Vous aviez le choix entre une multitude de titres. Vous auriez pu écrire par exemple : "Pour la première fois en Europe, des Assises pour l’abolition universelle de la maternité de substitution, organisées par trois associations, ont rassemblés avec succès des organisations féministes, lesbiennes féministes, chercheuses, chercheurs, des personnalités politiques de gauche …à la tribune et dans la salle".

Et vous auriez été dans le vrai.

Mais dès le début de votre article, vous tentez de créer l’amalgame entre cette initiative et "la manif pour tous" parce que vous avez identifié "Frigide Barjot" dans la file d’attente. Avec moins d’empressement pour créer un scoop et un meilleur sens de l’observation, vous auriez remarqué que cette dame n’est pas rentrée dans la salle car elle fut reconduite à la porte par le service de sécurité.

Plus loin, dans la section de l’article seulement accessible aux abonnés payants, vous notez "une forte présence d’organisations féministes".
Oui, là c’est bien observé, les organisations féministes, les organisations humanitaires, humanistes, les personnes qui ont une conscience de gauche portent le refus de la légalisation de la GPA et étaient présentes dans la salle et à la tribune.
Et là, il n’est plus question des tenants de "la manif pour tous", n’est-ce pas ? Vous devez vous rendre à l’évidence !

Ces femmes "dont la moyenne est de 60 ans" écrivez-vous !!? (et beh, certaines amies présentes vont prendre un bon coup de vieille en vous lisant !)
Que voulez-vous dire par là, Madame, en reliant les femmes présentes et leur âge supposé ? Est-ce pour faire diversion afin de mieux discréditer les propos, les analyses de ces femmes et de ces hommes qui ont parlé à la tribune pour appuyer leurs convictions "Pour l’abolition universelle de maternité de substitution" ?
Nous étions dans la file d’attente, dans la salle et sur la tribune avec ces femmes dont vous parlez, et à vu d’œil averti, nous avons noté la présence de personnes de tous les âges. Preuve que l’intérêt pour l’abolition du recours à la maternité de substitution est bien trans-générationnelle. S’opposer à la GPA n’a rien à voir avec l’âge, mais relève du degré de conscience et de responsabilité sociale de chacunE.

De même, vous écrivez « il n’y avait presque que des femmes ! ». Voici une remarque profondément misogyne.
Pourquoi choisir une forme péjorative ? Pourquoi ne pas dire « il y avait avant tout des femmes" (ou beaucoup de femmes) ? En quoi vous dérangent-elles ces femmes pour exprimer autant de mépris à leur égard ?

SI vous soulignez ainsi la présence des femmes, c’est peut-être parce que vous ignorez que dans les manifestations où sont abordées les questions qui touchent les droits des femmes, ce sont essentiellement elles qui se déplacent et s’y intéressent ?
C’est ainsi, et les hommes présents aux Assises en étaient aussi témoins.

Quand la présence des hommes est majoritaire, voire exclusive, cette situation n’est quasi jamais remarquée. En revanche, quand la présence des femmes est importante, trop souvent cet état de fait est souligné d’une manière dévalorisante.
Les sociétés patriarcales ont la particularité d’être misogynes mais il est possible de ne pas y adhérer et de poser un regard différent, positif et respectueux envers les femmes, ceci rendrait le monde plus intelligent, plus généreux et plus beau.

Enfin, votre article aura eu au moins un mérite, Madame, c’est de faire réagir plus de 240 fois et de faire connaître notre manifestation.
Nous avons bien compris que vous n’étiez pas d’accord avec l’abolition de la maternité de substitution mais il n’était pas nécessaire de discréditer cette action en vous appuyant sur des observations fallacieuses.

Comme nous l’affirmions à la tribune lors de ces assises du 2 février 2016 à l’Assemblée Nationale, dont voici un extrait :

"En ce qui nous concerne, nous sommes déterminées à participer à ce mouvement "Pour l’abolition universelle de la maternité de substitution", non pas au nom de la sauvegarde de la famille traditionnelle hétérosexuelle, mais sur des valeurs de justice sociale, d’égalité et dans une démarche féministe.
Lesbiennes féministes, nous sommes contre tous les systèmes d’exploitation, de marchandisation et d’appropriation du corps des femmes et plus généralement, bien évidemment, de tous les êtres humains."

Paris le 8 février 2016

Catherine MORIN LE SECH, Jocelyne FILDARD, Marie Josèphe DEVILLERS
Co- Présidentes de la Coordination Lesbienne en France



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