Présentation du colloque "Invisibilité - Visibilité des lesbiennes"

vendredi 7 septembre 2012
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Présentation du colloque "invisibilité et visibilité des lesbiennes"

Evelyne ROCHEDEREUX [1]

Le Colloque qui nous rassemble en ce jour est le résultat heureux des efforts fournis depuis dix années par les membres de la CLF.

Un évènement lesbien à valeur de bilan

Son premier objectif est de faire le point sur l’image des lesbiennes dans notre société avec l’analyse des clichés, et des représentations dans le cinéma et de contribuer à la connaissance historique du mouvement et de la culture lesbienne.

Le deuxième objectif est de souligner l’hétérosexisme ambiant, lié à la domination patriarcale, qui concourt à l’invisibilité des lesbiennes et nous amène à faire cause commune avec les militantes féministes, tout en revendiquant fermement notre identité.

Le troisième objectif est de mesurer la portée que peut avoir une véritable visibilité politique pour prévenir et dénoncer la lesbophobie et obtenir l’application des lois qui la sanctionnent et conduit à l’égalité des droits. C’est le choix de la CLF d’agir dans et sur la société et de ne pas s’enfermer sur elle-même dans la marginalité, même radicale ou dans l’individualisme.

Le quatrième objectif est de comparer l’avancée des droits en Europe et dans le monde :

  • nouveaux droits obtenus grâce aux efforts de militantes en Espagne et en Belgique,
  • actions au sein du Parlement Européen,
  • faire connaître les revendications portées lors de Conférences internationales.

La parole aux militantes de terrain

Pour développer ces quatre objectifs nous avons choisi de donner la parole, en priorité, à des militantes lesbiennes de terrain agissant, les unes au sein de la CLF ou en lien avec elle, les autres dans le mouvement LGBT, au plan national et international.

Nous profitons de cette occasion pour témoigner notre gratitude à toutes celles qui sont « sorties du placard ». Elles ont osé publier leurs écrits lesbiens, créer des maisons d’édition et revues lesbiennes, ouvrir des librairies, prendre la parole en public à la télévision ou lors de colloques, nous rendre visibles dans les marches des Fiertés par un char lesbien, organiser un Festival de films lesbiens, ou assurer la transmission par des Archives lesbiennes.

Notre vœu le plus fervent est que soit consolidé ce que nous avons obtenu et que nous puissions aller encore plus loin, grâce à l’apport de jeunes lesbiennes aussi énergiques et opiniâtres que leurs aînées, déterminées à se faire respecter comme citoyennes à part entière. Nous craignons que dans les cinq années à venir, de devoir déployer encore plus d’efforts et même de résistance afin de ne pas perdre nos acquis. Nous comptons sur vous !

Nous espérons que ce colloque répondra à vos attentes. J’aimerais faire un signe de reconnaissance et un grand merci à mes comparses Catherine MORIN LE SECH, Jocelyne FILDARD, Marie-Josèphe DEVILLERS et Raymonde GERARD avec lesquelles, dans la bonne entente, nous avons préparé cette réunion, ainsi qu’à Maryse LOURMIERE et Alida THUES qui, de leur région, ont fait leur possible pour nous encourager et apporter leur concours.

Je vous invite maintenant à écouter nos intervenantes autour de 4 tables rondes, animées par Odile DEBLOOS que nous remercions toutes d’avance ici, car ce n’est pas une mince affaire que de jouer le rôle de médiatrice. Bravo l’artiste !


[1Elle a toujours été lesbienne, dit-elle. Ses premières armes de militante féministe elle les a faites aux USA de fin 1969 à juin 1971. C’est là qu’elle a compris qu’elle n’était pas folle, que beaucoup de femmes, comme elle, ne supportaient pas leur condition et les contraintes qui leur étaient imposées.

De retour en France, elle a couru aux assemblées générales du « Mouvement ». Elle a fait partie des "Féministes Révolutionnaires", des "Gouines Rouges", de "Musidora" (qui a organisé le premier festival de films de femmes en France), de la Grève des femmes. Elle a contribué au numéro spécial des Temps Modernes « Les femmes s’entêtent » avec un texte iconoclaste « Les belles histoires de la Ghena goudou ». Comme elle le décrit, c’est alors qu’elle est née pour la deuxième fois, qu’elle est devenue fière d’être femme et d’être lesbienne. C’était dit-elle, une chance extraordinaire !

Mais être féministe, c’est être autonome économiquement. Il a donc bien fallu travailler, sérieusement, dans un vrai travail...

Après une éclipse dans la décennie 80, elle a repris du service au début des années 90. Elle a d’abord été l’une des créatrices et animatrices d’une association ayant pour but de regrouper les lesbiennes plus âgées. Aujourd’hui elle est présidente de l’association CIBEL : Compagnie des Insoumises, Baladines, Enthousiastes et Lesbiennes qui est adhérente de la Coordination Lesbienne en France. CIBEL a pour objectif, outre des activités conviviales et culturelles, de mener une réflexion et des actions d’ordre politique, économique et social, de défendre les droits des femmes et des lesbiennes, de lutter contre la lesbophobie et contre toute atteinte aux droits de la personne.



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