Plate forme politique de la CLF

vendredi 25 mars 2011
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La CLF est une union d’associations non-mixtes de lesbiennes et d’individues lesbiennes existant officiellement depuis mai 1997 après quelques années de vie du réseau.

Ses buts sont de renforcer la visibilité et la représentation des lesbiennes dans la société, faire progresser les droits des lesbiennes et favoriser les échanges entre les groupes de lesbiennes.

Elle se veut une force dans le champ politique et social, une affirmation de la citoyenneté lesbienne.

PLATE FORME POLITIQUE

PLATE-FORME DE REVENDICATIONS

NOUS LESBIENNES FÉMINISTES, REGROUPÉES AU SEIN DE LA COORDINATION LESBIENNE NATIONALE, DÉNONÇONS L’OMNIPRÉSENCE D’UN MODÈLE HÉTÉROSEXUEL RÉDUCTEUR, LA DOMINATION DES HOMMES SUR LES FEMMES ET LES DÉRIVES D’UN SYSTÈME MONDIALISÉ BASE SUR L’EXPLOITATION DES POPULATIONS ET LA SPÉCULATION FINANCIÈRE.

NOUS LUTTONS EN PARTICULIER POUR UNE SOCIETE NON LESBOPHOBE.

LA LESBOPHOBIE -AVERSION A L’ÉGARD DES LESBIENNES- EST UNE DES FORMES DE LA XÉNOPHOBIE, COMPORTEMENT REJETANT CELLE/CELUI QUI EST DIFFÉRENT-E COMME SOUS-HUMAIN ET INDIGNE DE VIVRE.

NOUS DÉNONÇONS LES DISCRIMINATIONS LESBOPHOBES LES PLUS GRAVES, RELEVANT LES UNES DE L’ÉDUCATION, DE LA CULTURE, ET FINALEMENT DE LA MORALE, LES AUTRES DES PROCESSUS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX.

1. Pour la fin des discriminations dans les politiques éducatives et culturelles

En matière d’éducation :

  • Nous récusons une éducation fondée sur la valorisation du masculin, l’infériorisation du féminin, l’assujettissement des femmes aux rôles familiaux et à la domination masculine.
  • Nous demandons l’instauration effective d’une éducation non normative et non sexiste, avec des actions de sensibilisation des parents, éducateurs/trices et des maisons d’édition, aux préjudices qu’entraînent les modèles sexués imposés aux filles et aux garçons.
  • Nous voulons que l’existence des lesbiennes et des gays ne soit plus passée sous silence dans l’éducation nationale et les manuels scolaires ; qu’elle soit reconnue et présentée comme un mode de relation humaine, d’expression, et un choix de vie parmi d’autres.
  • Nous demandons une éducation sexuelle conforme aux déclarations de Mme Ségolène Royal, Ministre chargée de l’enseignement scolaire : "une éducation à la sexualité et à la vie, fondée sur l’estime et l’écoute de l’autre, permettant de lutter contre les contraintes et le machisme, et apprenant le rejet de l’homophobie", et ajoutons, « de la lesbophobie ».

En matière de culture et de formation professionnelle :

  • Nous voulons que l’histoire et les œuvres des femmes et des lesbiennes fassent partie intégrante des études universitaires.
  • Nous voulons que le langage reflète l’évolution de la place des femmes dans la société et intègre la féminisation des noms de métiers, des titres et des fonctions. Nous souhaitons également une révision des règles grammaticales qui vise à une égalité et non à la suprématie du masculin.
  • Nous proposons qu’il existe des formations au sein des professions susceptibles d’agir sur les discriminations lesbophobes : l’éducation, la justice, la police, la santé, le social, la culture, les médias.
  • Nous réclamons une réelle ouverture aux filles de toutes les filières éducatives grâce à des campagnes d’information et d’incitation concrètes. Cela suppose une volonté politique et des moyens financiers adaptés avec la réactivation de la loi Roudy.
  • Une politique de diversification des métiers proposés aux femmes doit être mise en place conjointement déployée dans l’éducation et les entreprises.

2. Pour la fin des discriminations par rapport au sexe, au genre, à la sexualité

Nous dissocions les notions de sexe, de genre et de sexualité

  • Le sexe désigne, selon nous, notre réalité biologique de femme ou d’homme. Cette réalité est moins simple qu’il n’y paraît (hermaphrodisme, transsexualisme).
  • Le genre désigne la construction socio-culturelle de notre identité féminine ou masculine et des rôles féminins et masculins qui la conditionnent. La hiérarchisation des genres, le masculin l’emportant sur le féminin, la contrainte à l’hétérosexualité, font partie de cette construction que nous récusons. La pénétration ne doit pas être assimilée à la domination, tout comme être pénétré/e ne signifie pas soumission avilissante.

Nous ne prônons pour autant l’avènement d’un troisième genre, ce qui serait de nouveau créer des modèles et aller à l’encontre de la liberté de chacune/chacun. Dans l’idéal, nous sommes partisanes d’une société non genrée, ni masculine ni féminine, où chacune/chacun pourrait tenir tous les rôles possibles.

Nous sommes opposées à la hiérarchisation des sexualités, source de discriminations

  • La sexualité ne se réduisant pas à la pénétration et à la procréation, nous mettons sur le même plan l’homosexualité, l’hétérosexualité ou la bisexualité.
  • Nous réclamons l’extension des lois anti-discriminatoires contre le racisme et l’antisémitisme, aux attaques contre le sexe, le genre et la sexualité.

- Par attaques contre le sexe, nous entendons les comportements sexistes : violences verbales (injures ...), psychologiques (harcèlement ...), physiques, viols.

- Par attaques contre le genre, nous entendons les discriminations liées à l’apparence, aux attitudes et modes de vie non conformes aux modèles hétérotypés.

- Par attaques contre la sexualité, nous entendons les discriminations liées à l’orientation sexuelle et aux pratiques sexuelles entre personnes consentantes.

  • La lesbophobie est une forme de sexisme par le déni et l’effacement d’une sexualité et des relations amoureuses entre les femmes, indépendamment des hommes, ce qui conduit à l’invisibilité des lesbiennes. Quand cette sexualité est perçue, elle est considérée comme secondaire, accessoire. Par exemple, la sexualité entre femmes est utilisée dans la pornographie hétérosexuelle, comme objet de fantasmes et de voyeurisme.
  • La lesbophobie est une discrimination selon le genre. La transgression des rôles féminin/masculin engendre la peur et la haine envers les lesbiennes. Les lesbophobes reprochent aux lesbiennes d’être indépendantes des hommes, sexuellement et en partie économiquement.
  • Nous voulons le respect par la société de notre droit à la libre orientation sexuelle et affective : s’il est reconnu par la loi, il est parfois encore battu en brèche par des injures et des agressions lesbophobes qui portent atteinte à notre liberté et à notre dignité que ce soit dans la famille, au travail, ou dans nos lieux de vie. Nous réclamons donc une loi contre la lesbophobie, l’homophobie, le sexisme, au même titre que la loi contre le racisme et l’antisémitisme.

Notre lutte contre le sexisme concerne le langage, les droits des femmes et leur défense contre les violences

  • Nous prônons la disparition du terme "Mademoiselle" et la généralisation du terme "Madame" quel que soit l’état civil de la femme, de la même manière que "Monsieur" pour les hommes.
  • Nous appelons à une vigilance particulière pour conserver le nom de naissance comme nom officiel. Aujourd’hui, il est très peu utilisé par les administrations au profit du nom marital. Même à la Caisses primaires d’assurance maladie, les cartes Sesam Vitale ne mentionnent plus le nom de naissance pour les femmes mariées.
  • Nous demandons le remplacement du premier chiffre du numéro de Sécurité Sociale 1 ou 2 par des lettres, F ou M par exemple, pour que les femmes ne soient plus les éternelles secondes.
  • Nous sommes solidaires de la lutte féministe pour la liberté des femmes à disposer de leur corps par l’accès libre et gratuit à la contraception et à l’interruption Volontaire de Grossesse (pas de restriction de délai en cas de viol, pas d’autorisation parentale pour les mineures, pas de titre de séjour pour les étrangères ...).
  • Nous sommes pour l’abolition de l’esclavage humain, sexuel et économique, que constitue le plus souvent la prostitution, avec pénalisation des clients et condamnations suffisamment dissuasives des proxénètes et de leurs réseaux aux plans national et international.
  • Nous restons vigilantes face à l’extension en Europe des pratiques de reproduction susceptibles d’instrumentaliser et de marchandiser le corps des femmes (mères-porteuses, dons d’ovocytes).
  • Nous sommes pour une loi anti-sexiste qui punisse les atteintes à la dignité des femmes
  • Au plan européen, nous demandons aux Etats de l’Union et aux Organisations non gouvernementales d’utiliser différentes formes de pression et d’ingérence pour la disparition des discriminations sexistes, lesbophobes et homophobes dans ces pays.
  • L’Union européenne, en référence à l’article 13 du Traité d’Amsterdam, peut et se doit de faire pression sur les pays qui, dans le monde, transgressent la déclaration universelle des droits de la personne humaine, particulièrement en ce qui concerne les femmes, les lesbiennes, et les gais.
  • Nous voulons la poursuite et la condamnation effectives des responsables des crimes de rapts, tortures et viols de femmes dans les conflits armés et donc que tous les moyens nécessaires soient accordés au Tribunal Pénal International en cas de carence des pays concernés.
  • Pour une politique de solidarité, nous demandons la reconnaissance du droit d’asile pour toutes les personnes persécutées dans leurs pays, pour des raisons liées à leur sexe, leur genre ou leur orientation sexuelle.
  • Nous demandons la prise en compte particulière des situations des lesbiennes et des femmes seules qui cumulent les critères d’exclusion quant à la régularisation de leur séjour et à l’obtention de papiers.

3. Pour la fin des discriminations économiques et sociales

Nous voulons que cesse la discrimination à l’embauche et au travail fondée sur les normes hétérotypées

  • Les femmes sont encore trop souvent incitées, par les institutions et la culture dominante à privilégier le rôle de mère, situation aggravée par l’inégale répartition des métiers et des postes à responsabilité entre les sexes. Sur 60 domaines d’activité, les femmes sont cantonnées à 8 domaines. De plus, seulement 20% des cadres sont des femmes, et 7% pour les cadres dirigeants.
  • Nous voulons des mesures effectives pour mettre fin aux inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes : métiers dits masculins peu accessibles aux femmes, dévalorisation des métiers dits féminins, temps partiel imposé aux femmes à 85 %, salaires inférieurs de 30 % à ceux des hommes à compétence égale, accès limité aux postes supérieurs, etc.
  • Pour cela nous voulons que soit créé un véritable ministère des droits des femmes doté de réels moyens d’action avec notamment des structures de contrôle.
  • La précarité et le chômage touchent prioritairement les femmes –85 % des précaires sont des femmes- et parmi elles les jeunes, les plus de 50 ans, les femmes issues des migrations passées et présentes, les handicapées.
  • Les femmes seules, dont les lesbiennes et surtout les femmes seules avec enfants, sont davantage concernées car ne correspondant pas au modèle hétérosocial.

Nous voulons une individualisation des droits sociaux

Depuis peu, les droits à la Sécurité Sociale ont été individualisés avec une immatriculation personnelle et la suppression de la notion d’ayant-droit pour les personnes de plus de 16 ans (Couverture Maladie Universelle).

Nous demandons l’individualisation des autres droits sociaux pour une plus grande autonomie des personnes et en particulier des femmes. Parmi les droits fondamentaux, on perçoit des carences dans les domaines suivants :

  • le droit au logement : attribution prioritaire de logements sociaux aux sans-logis et notamment aux femmes seules avec ou sans enfants, accès à une aide au logement individualisée.
  • le droit à un revenu minimum d’autonomie individualisé : en particulier pour les jeunes de moins de 25 ans en l’accompagnant d’une aide effective à la formation. Il n’est pas rare de voir de jeunes lesbiennes se retrouver à la rue après avoir déclaré leur homosexualité à leur famille. Plus largement toute personne a droit à un revenu minimum d’autonomie individualisé indépendamment de son âge et de sa situation familiale et sociale.
  • le droit au transport avec la gratuité pour les personnes en précarité
  • le droit à l’accès à la culture pour toutes et tous

Nous demandons un respect des personnes et de leur vie privée en ce qui concerne l’application et le contrôle de ces mesures.
Nous demandons le relèvement des plafonds de revenus concernant l’accès aux droits sociaux (allocation logement, couverture maladie universelle complémentaire, ...) et le relèvement des minima sociaux.

Nous sommes résolues à œuvrer pour un développement économique durable au niveau mondial qui travaille à éliminer l’exploitation et la précarité dont sont victimes les femmes, et qui ne soit pas fondé uniquement sur le profit financier et les spéculations boursières dans l’intérêt d’un petit nombre (67% des richesses mondiales sont produites par les femmes, elles reçoivent 10% des rémunérations et possèdent 1 % des biens).

4. Pour la fin des discriminations dans la santé

  • Soucieuses de la santé de toutes les femmes. Nous demandons le rétablissement de la spécialisation de gynécologie médicale qui assure aux femmes en France un suivi plus efficace que dans les autres pays européens, les préservant davantage du cancer du sein et de l’utérus et du recours abusif à la chirurgie obstétricale.
  • Nous voulons que la spécificité lesbienne soit prise en compte dans le domaine de la santé, d’une part dans les études épidémiologiques, d’autre part dans l’accueil médical et en particulier gynécologique.

Contre le retour en arrière, nous proposons :

- de nouveau une formation des gynécologues, seul-es véritables interlocutrices/teurs des femmes,

- l’accès des femmes à la péridurale à leur simple demande et ceci dans toutes les maternités,

- l’accès élargi des essais thérapeutiques aux femmes,

- une politique de prévention en direction des lesbiennes par des campagnes d’informations sur la nécessité de leur suivi gynécologique en particulier pour le dépistage du cancer,

- un dépistage systématique du cancer du sein dans toute la France et à partir de 40 ans,

- une politique sérieuse de contrôle de qualité des appareils de radiologie,

- une politique de prévention par des campagnes d’information sur les risques de SIDA, MST, ciblées vers les personnes ayant des comportements à risque,

- des campagnes d’information sur la sexualité, la contraception,

- une sensibilisation des médecins à la sexualité des lesbiennes.

5. Pour la fin des discriminations concernant le couple et la parentalité

Concernant le couple nous voulons une égalité entre couples homosexuels et couples hétérosexuels

Le Pacs, en incluant les nouvelles dispositions relatives au concubinage et en reconnaissant le couple homosexuel, représente une véritable avancée vers l’égalité juridique.

Cependant, le Pacs présente de réelles imperfections et peut être amélioré en terme civil et social :

Il doit reconnaître un réel statut au partenaire étranger, comme c’est le cas dans le droit marital. Le droit à la vie commune passe par le droit au séjour.

Il doit être cohérent financièrement : tant que la déclaration commune d’impôts est soumise à un délai de trois ans, les droits individuels - et par exemple l’accès au RMI - ne doivent pas être supprimés.
Le Pacs doit prendre en compte les aspirations à la lesboparentalité/homoparentalité.

Malgré l’adhésion d’une majorité de lesbiennes à la critique féministe de l’institution maritale comme symbole et instrument de l’oppression des femmes, nous demandons que les lesbiennes qui le souhaitent puissent contracter un mariage fondé sur l’égalité des partenaires.

A terme, nous souhaitons une systématisation des droits individuels qui seuls préservent l’autonomie de chacun-e.

Pour l’accès a la parentalité, nous voulons avoir le choix et revendiquons

- le droit à l’adoption, seule ou en couple

- le droit à la procréation médicalement assistée (PMA) dans les mêmes conditions

Subordonner la procréation à l’union hétérosexuelle est une atteinte à la liberté individuelle.

A propos de la reconnaissance de la parentalité, nous réclamons

- le droit à la reconnaissance de l’enfant par la/les co-parent-es, sur simple démarche en en manifestant la volonté. Sont appelé-es co-parent-es, les personnes qui ont désiré et coéduqué l’enfant avec la/le/les parent-es.

- le droit à un statut de beaux-parent-es (personnes qui sont arrivées après la naissance de l’enfant).

CONCLUSION

FONDÉE SUR UNE ÉDUCATION DES JEUNES ET SUR LA FORMATION CONTINUE DES ACTEURS DE LA VIE SOCIALE, AXÉE SUR L’ACCEPTATION DE L’AUTRE ET LE RESPECT MUTUEL ENTRE LES CITOYEN-NES, LA MISE EN ŒUVRE DE CETTE PLATE-FORME EST DE NATURE A PREVENIR L’AGRESSIVITÉ ET LE REJET QUE SUSCITENT LES DIFFÉRENCES.

LE FAIT D’INFORMER ET D’ÉDUQUER POUR METTRE FIN AUX PRÉJUGÉS ET CLICHES VÉHICULÉS PAR LES CULTURES TRADITIONNELLES PERMET EN EFFET AUX POUVOIRS PUBLICS D’ACCORDER L’ÉGALITÉ CITOYENNE AUX PERSONNES DISCRIMINÉES SANS PROVOQUER LA PEUR ET L’HOSTILITÉ D’UNE MAJORITÉ AINSI ÉCLAIRÉE.

LOIN DE METTRE EN PÉRIL LE DEVENIR DE NOTRE SOCIÉTÉ, LA MISE EN ŒUVRE DE CETTE PLATE-FORME SERA LA PLUS SURE GARANTE DE LA PAIX SOCIALE PAR L’APPLICATION DE MESURES PROPRES A JUGULER LE SEXISME ET LA LESBOPHOBIE, COMME TOUTE AUTRE DISCRIMINATION.



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dimanche 18 juin 2017

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